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Ce qu’il faut retenir
- DPE électrique : Le coefficient de conversion pourrait passer de 1,9 à 1,7, voire 1, reclassant des centaines de milliers de logements.
- Pas de travaux : Ce changement comptable n’isole pas un mur, ne change pas une chaudière. Les factures, elles, ne bougent pas.
- Risque réel : Cette réforme brouille le message pour les propriétaires et freine les vraies rénovations.
Je vais vous parler d’une réforme qui fait grincer des dents chez les artisans et les vrais experts de la rénovation. Le gouvernement prépare un nouveau mode de calcul du DPE. Et croyez-moi, ça sent le coup de com’ plus que l’isolation par l’extérieur. J’ai vu passer des centaines de diagnostics sur mes chantiers, et si je vous dis ça, c’est parce que c’est vrai : changer un chiffre sur un papier, ça ne fait pas baisser la température chez un locataire.
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est fixé à 1,9. L’exécutif envisage de l’abaisser à 1,7, voire de porter une proposition au niveau européen pour descendre jusqu’à 1. En clair : plus ce coefficient baisse, meilleure est la note de votre chauffage électrique sur l’étiquette. Une étude de la start-up Krno, spécialisée dans l’analyse des DPE, montre qu’un passage à 1,7 ferait sortir 382 000 logements supplémentaires du statut de passoire thermique. Depuis 2021, ces ajustements ont déjà effacé 1,5 million de passoires thermiques, soit 37 % du parc. À 1, on atteindrait 2,28 millions de logements reclassés. Vous voyez le tableau : des chiffres énormes sans qu’un seul marteau-piqueur n’ait tapé dans un mur.
Un coup de peinture sur une passoire
Sur le terrain, je le vois tous les jours : un DPE ne reflète pas la réalité vécue. Un logement peut être classé F ou G, mais si le calcul change, il passe en D sans qu’une seule fenêtre ait été changée. Je l’ai vu cent fois sur les chantiers : des propriétaires qui pensent que leur bien est sain parce que l’étiquette est verte. Mais un fil qui tient, ça se voit pas. Un fil qui lâche, ça s’entend. Et une facture de chauffage, ça se paie cash. Les défenseurs des locataires et les experts de la rénovation tirent la sonnette d’alarme, et moi, je dis qu’ils ont raison. Changer une étiquette sur le papier ne baisse ni vos factures ni le froid chez vous. Pire : certains loyers pourraient réaugmenter sans qu’aucun travail d’isolation n’ait été fait. Ça, je l’ai vu sur des chantiers repris, et c’est pas de la théorie, c’est du terrain.
Pourquoi cette réforme divise ?
Si la Fnaim (la Fédération nationale de l’immobilier) applaudit et pousse pour un coefficient à 1,5, les vrais professionnels secouent la tête. Parce qu’au lieu de pousser à l’isolation, au remplacement des fenêtres, à la pose d’une VMC performante, on bricole une calculette. Le problème, c’est que brouiller la lisibilité du DPE décourage les propriétaires d’engager de véritables travaux de rénovation énergétique. Posez la question à n’importe quel électricien sérieux : il vous dira que le DPE actuel est déjà un outil utile, mais qu’on lui enlève toute crédibilité si on le change sans arrêt.
Ce que ça signifie pour vous, propriétaire
Si vous possédez un logement avec chauffage électrique, cette réforme peut améliorer son étiquette sans que vous ne touchiez à rien. Mais attention : ce n’est pas une raison pour ralentir vos projets. Un logement mal isolé, c’est une passoire. Et une passoire, ça se bouche avec des travaux, pas avec un décret. Un coefficient à 1,0 serait idéal pour l’image, mais sur le terrain, ce sont les murs qui comptent. Je vous conseille de continuer à investir dans l’isolation, le changement de fenêtres, la VMC double flux. Tout ce qui fait baisser vos factures pour de bon. Le reste, c’est de la politique.
En résumé : gagnants ou perdants ?
Les gagnants : les propriétaires de logements chauffés à l’électricité verront leur DPE s’améliorer sans travaux. Bonne nouvelle ? Oui, si vous voulez louer plus facilement. Mauvaise nouvelle si vous croyez que vos factures vont baisser.
Les perdants : les locataires, qui verront peut-être les loyers augmenter sans amélioration du confort, et le bon sens, qui prend encore un coup dans la figure.
Moi, je dis : faites les vrais travaux. C’est le seul chemin qui tient la route. Et si vous avez un doute sur la qualité de votre installation électrique ou de votre isolation, appelez un artisan qui connaît son métier. Les normes, c’est pas fait pour embêter les artisans. C’est fait pour que vous dormiez tranquille.

Quarante ans sur les chantiers marseillais, ça forge une opinion. Partenaire certifié KNX depuis 2008, à mon compte depuis 1992. Sur Mirelec, je partage ce que le métier m’a appris — sans langue de bois.