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Points clés à retenir
- Budget sous pression : MaPrimeRénov’ a déjà atteint 70% de son objectif annuel dès le début 2026, les fonds publics peinent à suivre.
- Risque de sélectivité : Pour le chèque énergie, une sous-budgétisation de 100 millions d’euros en 2025 oblige à des arbitrages – critères d’éligibilité pourraient se durcir.
- Agir vite : Lancez vos travaux maintenant pour bénéficier des enveloppes encore ouvertes, avant d’éventuelles restrictions.
La Cour des Comptes a sorti son rapport sur les comptes de l’État pour 2025, et le constat est clair : MaPrimeRénov’ et le chèque énergie, deux piliers de la transition énergétique, voient leurs budgets sous tension. L’argent prévu ne suffira peut-être pas face à l’engouement des ménages. Je vais vous expliquer ce que ça change concrètement pour vous, en 2026.
MaPrimeRénov’ : un succès qui dépasse les prévisions
Quand j’ai commencé à conseiller des clients sur les dossiers MaPrimeRénov’, dès le début de l’année, j’ai senti que ça turbinait fort. Et les chiffres le confirment : début 2026, 83 000 dossiers étaient déjà déposés, soit près de 70% de l’objectif annuel. Ça, c’est du terrain, pas de la théorie. Ce regain, on le doit au recentrage du dispositif sur les rénovations globales, plus efficaces mais plus coûteuses pour l’État.
Mais ce succès a un revers : les caisses de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) sont sous pression. Déjà à l’été 2025, il y avait eu une suspension temporaire des dépôts. Aujourd’hui, pour compenser le manque de crédits budgétaires, l’État se tourne vers les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, mais ça réduit la maîtrise publique et expose l’ANAH à un risque réel : celui de ne plus honorer les aides promises.
Le chèque énergie : un sous-budget qui inquiète
Je l’ai vu cent fois sur les chantiers : quand un budget est serré, on rogne d’abord sur ce qui semble secondaire. Mais pour le chèque énergie, c’est le contraire : en 2025, le dispositif a été sous-budgété d’environ 100 millions d’euros. Pour garantir que les chèques partent bien, l’État a dû piocher dans les économies d’autres services. Pas idéal pour la visibilité à long terme.
Et ce n’est pas tout : la Cour des Comptes pointe aussi des frais de gestion trop élevés, qui grignotent le montant final reçu par les ménages. Posez la question à n’importe quel électricien sérieux : un euro économisé sur la gestion, c’est un euro qui peut aller dans les poches des gens. Mais là, on en est loin.
Ce que ça signifie pour vous en 2026
Je vais être direct : pas de panique. Les aides ne vont pas s’évaporer demain matin. Mais avec des budgets sous pression, les critères d’accès risquent de devenir plus sélectifs. Les revenus pris en compte pourraient être revus, les montants plafonnés. Je dis ça parce que c’est vrai : la mécanique est la même que quand un client me dit « je veux le plus gros tableau électrique pour le moins cher ». Ça ne marche pas comme ça.
Le bon réflexe ? Lancez votre projet dès maintenant. Tant que les budgets sont ouverts, vous sécurisez votre prime. Une fois que les enveloppes sont épuisées, c’est fini jusqu’à la prochaine saison budgétaire. Je l’ai vu avec les aides à la rénovation de l’éclairage dans les copropriétés : ceux qui ont attendu ont perdu leur fenêtre de tir.
Conseils pour ne pas rester sur le carreau
Basé sur mon expérience des aides et des chantiers, voici ce que je vous recommande :
- Vérifiez votre éligibilité dès maintenant sur le site de l’ANAH ou via votre espace personnel. Ne tardez pas.
- Rassemblez vos devis pour une rénovation globale plutôt que des gestes par petits bouts. C’est plus efficace et ça correspond mieux aux critères actuels.
- Déposez votre dossier complet avant l’été. Après, les budgets pourraient être réaffectés.
Un fil qui tient, ça se voit pas. Un fil qui lâche, ça s’entend. Avec les aides, c’est pareil : tant que vous les avez, vous n’y pensez pas. Mais le jour où elles se ferment, vous le sentez passer. Alors n’attendez pas.

Quarante ans sur les chantiers marseillais, ça forge une opinion. Partenaire certifié KNX depuis 2008, à mon compte depuis 1992. Sur Mirelec, je partage ce que le métier m’a appris — sans langue de bois.